mardi 12 février 2013

J'aime mon boulot...

... épisode 4
... Surtout quand il m'envoie en stage de survie

Après avoir repoussé ce moment autant que possible, il a bien fallu que j'y aille: la semaine dernière, j'ai été envoyé en stage de survie à un crash d'hélicoptère. Heureusement pour moi, j'avais pris la version soft à savoir la simulation en piscine et non en pleine mer - au mois de février ça n'est pas recommandé.

Le bilan, au bout de 4 jours:
- je sais tout sur les différents types d'extincteurs
- je réalise que si Kai a un arrêt cardiaque je ne serai absolument pas en mesure de le sauver - vous avez déjà tenté un massage cardiaque? Au bout de 3 minutes je n'avais plus de bras et  le mannequin avait un équivalent de 50 kg, alors imaginez sur mon grand (j'ai pas dit gros!) viking...
- je suis à peu près sûre de ne pas mourir noyée en cas de crash - pardon d'atterrissage d'urgence sur la mer  - en hélicoptère
- je suis à peu près sûre de mourir d'hypothermie en cas amerrissage d'urgence en hélicoptère
- je n'ai pas DU TOUT envie d'amerrir d'urgence en hélicoptère!!!
- je n'ai pas hâte de refaire la formation dans 4 ans...

Mais à part ça, j'ai survécu. Bon les deux premiers jours étaient plutôt cools, on a joué à éteindre des feux et à s'entrainer aux premiers secours, le tout entourés d'une bande de polonais du genre rustique qui ont surtout retenu la position des mains ("entre les deux têtons", dixit l'instructeur) pour le massage cardiaque.
Puis arrive la simulation. 2 portes, 2 surprises. Mon équipe de 3 polonais et moi même (promue "chef d'équipe" pour l'occasion) passons la première porte... Et trouvons un norvégien gémissant "à l'aaiide" recroquevillé dans son coin, et se vidant de son sang sur le sol. Mes polonais restent sur la pas de la porte la mâchoire béante, pendant que je me précipite sur le gars, lui met le bras en l'air et compresse la plaie comme je  peux avant de lui faire un bandage de fortune. Comme quoi avoir un norvégien à la maison qui débarque régulièrement avec un doigt coupé dans la cuisine pendant que je suis en train de faire à manger est un bon entrainement aux premiers secours :p Bon, visiblement on a réussi le test. Ah bon il faut mettre des gants avant de compresser une plaie? Bon, j'y penserai la prochaine fois (et ça m'évitera d'avoir les mains toutes rouges pour le reste de la journée).
2ème porte, 2ème surprise. Une jeune fille gît inconsciente sur le sol. Allons bon, ça mon norvégien ne m'a pas encore fait le coup, du coup je manque d'entrainement. Bon, elle respire donc ca devrait aller, au moins on évite le massage cardiaque. Sauf que mes polonais se réveillent d'un coup après que l'un deux ait trouvé un défibrillateur... "S'il est là, c'est qu'il faut l'utiliser!!" Bref l'épreuve de la porte numéro deux a consisté non pas à réanimer la jeune fille en détresse mais à empêcher les polonais de s'approcher de trop près et de lui coller un coup de défibrillateur (comme je le disais, ils avaient surtout retenu la position des mains...).

Donc ça c'était la partie rigolote. Le 3ème jour, on a commencé à essayer nos combinaisons de survie et à parler hélicoptère.

Un peu l'impression d'avoir l'air d'un gros Teletubbie...

On a aussi le droit d'apprendre à s'échapper d'une plateforme grâce à un tube en corde:


Le tout avant d'aller barboter dans la piscine. Enfin quand je dis barboter... Essayer de se regrouper en formation dans le noir, avec des vagues, du vent et de la pluie, pas franchement la baignade la plus agréable de ma vie. Toujours plus agréable que celle du lendemain ceci dit.

Et tant qu'on y est, on doit aussi essayer un autre truc rigolo. Rentrer dans un canot de sauvetage, c'est déjà suffisamment compliqué. Mais qu'est ce qu'on fait quand le canot est retourné, hein? Et ben ça:


Je ne rentrerai pas dans les détails de l'atterrissage et de la presque-noyade coincée sous le canot qui a suivi...

Vous l'aurez compris, je n'aime pas l'eau.
Et puis vendredi le jour que tout le monde attendait est arrivé: le retournement en hélicoptère. L'instructrice a du voir mon air sceptique, du coup j'ai eu droit de passer dans le premier groupe, AVANT le repas du midi (c'est mieux).
Le programme des réjouissance consistait donc en 6 exercices:
- Le numéro 1: ils noyaient juste l'helico et on devait s'échapper par la fenêtre ouverte. Trop facile.
- Exercices 2, 3 et 4 (quand on n'aime, on ne compte pas): l'hélicoptère descend doucement dans l'eau, on doit éjecter la fenêtre à la force de nos petits bras musclés, l'hélico coule, se retourne et on doit s'échapper
 - Le numéro 5: c'est le même qu'avant, sauf qu'on doit attendre que l'hélico soit retourné sous l'eau pour éjecter la fenêtre avant de s'échapper
Pour les exercices 1 à 5, nous avons le privilège d'utiliser un respirateur. Qui consiste en fait en une poche en plastique dans laquelle on expire une fois avant de re-respirer notre propre air. Autant vous dire que vous ne faites pas de tourisme dans les fonds marins avec ça...
- Et pour finir, l'exercice final: le même que les exercices 2 à 4, mais sans le respirateur. D'un coup je sens qu'elle va me manquer ma poche d'air vicié...

Allez, comme je vois bien que vous mourrez d'envie de voir à quoi ça ressemble:


A droite, c'est moi... Pour vous donner un aperçu de l'expérience (qui paraît trèèèès longue quand c'est vous qui êtes dans la chose qui coule), tout va bien jusqu'au moment où l'eau atteint le ventre. Et où tout l'air contenu dans la combi veut s'échapper et vous donne l'impression que votre tête va disparaître dans ladite combi. A peine le temps de laisser l'air s'échapper comme il peut par le col qu'on a la tête sous l'eau, on a un gros hoquet à cause du choc de l'eau froide (pas bien le hoquet quand on respire dans une mini-poche d'air plastifié), le temps de se rendre compte que la combi d'entrainement n'est absolument pas étanche et qu'on se retrouve avec une mare à l'intérieur, puis l'hélico se retourne et donne l'impression que votre tête et vos oreilles se retrouvent dans un étau à cause de la pression - à ce moment là on a l'impression sympathique de suffoquer vu que l'air dans la poche est à peu près aussi facile à inspirer et expirer que si il se trouvait dans un ballon - et dans le noir vu que j'avais les yeux fermés il faut alors se rappeler où est la fenêtre, se détacher, agripper le rebord de la fenêtre pour éviter de flotter vers le haut et se retrouver prisonnière et enfin s'échapper par la fenêtre.
Et on recommence. 6 fois.

Mes collègues polonais lors de l'exercice numéro 5:


Et tout ça pour avoir droit à une bête carte orange toute moche à la fin, même pas un beau diplôme à encadrer, pfff!

Bref j'ai survécu, et je suis assez fière de moi. Et puis outre l'entrainement commando, Bergen est une très belle ville, surtout (si si!) sous le soleil pendant 4 jours!

Ici depuis le sommet du funiculaire de Fløyen:



Et histoire de me remettre de mes émotions (tout le monde s'en fiche mais c'est pas grave), je me suis auto-réconfortée en achetant un super manteau en soldes tellement confortable que j'ai l'impression de me balader avec un sac de couchage sur le dos - même plus peur des -10°C!!

3 commentaires:

arm a dit…

Bien contente que ce test d’hélico soit enfin passé... enfin même avec ta super prose ça paraît pas vraiment fun!
Bravo ma dadounette pour cet épisode oh combien inattendu et étonnant ... mais enfin faut-il encore s'étonner de tout ce que tu es capable d'inventer depuis quelques années pour faire ton intéressante :-))
Vivement que tu fasses ta vieille ... un jour... peut-être

annette a dit…

Bravo à la survivante!! tu es prete à traverser le pacifique sur le bateau de Gilles...

Doc gégé a dit…

moi j'aime bien les Teletubbies..
moi j'aime pas les labyrinthes humides et noirs...
j'aime pas les combinaisons trouées..
ni les hélico qui tombent à l'envers dans l'eau froides...