Singapour ne serait pas Singapour sans ses taxis qui pullulent dans les rues à toute heure du jour et de la nuit, dimanche et jours fériés inclus. Et bien qu’ils aient plus ou moins tous le même aspect extérieur, on se rend vite compte que le chauffeur de taxi est un être à part, qui a parfois (souvent) ses lubies avec lesquelles il faut que je compose en moyenne 1h30 à 2h par jour, temps de trajet nécessaire pour aller et revenir du boulot.
Et donc après près de deux mois au total passés à Singapour, j’ai pu commencer à établir quelques catégories bien distinctes:
Le maniaque de la clim. A Singapour, où que vous soyez, vous aurez la clim - de préférence réglée sur 15 degrés histoire de mieux contraster avec les 30 degrés extérieurs. Ce qui fait que, chose pour le moins étrange, il vous faut prévoir une écharpe ou un gilet dès que vous entrez quelque part… Et les taxis semblent particulièrement enthousiastes avec le réglage de la clim, mon record consistant pour l’instant en un taxi où de la fumée (froide) sortait des ventilateurs et où le chauffeur conduisait avec des gants…
Le maniaque du désodorisant. A Singapour, où que vous soyez, vous aurez la clim (voir plus haut), ET des parfums d’ambiance. Dans les taxis ils font simple, ils prennent des espèces de désodorisants à chiottes (pardonnez moi l’expression), fraicheur marine ou pomme artificielle, qui sentent parfois si fort que je n’ai qu’une envie, ouvrir la fenêtre pour aspirer de grandes goulées d’air… chaud et empestant les gaz d’échappement. Mauvaise idée. Le seul remède consiste donc à prendre son mal en patience et à espérer que le trajet se finira vite :s
Le mélomane. Peut être un des pires de tous. Surtout en revenant d’une journée de 10 heures de boulot avec un petit mal de crâne se profilant à l’horizon (ce dont le chauffeur mélomane se contrefout), on voit la main dudit chauffeur se poser sur le bouton ”volume radio” et augmenter subrepticement le son à intervalles réguliers, pour finir la course dans quelque chose qui ressemble plus à une boite de nuit qu’à un taxi, avec le chauffeur mélomane chantant à tue tête en bonus (dans le meilleur des cas de la soap-pop américaine, dans le pire des cas le hit-parade chinois). Remède fourbe mais efficace (quand on tombe sur le même taxi à 3 jours d’intervalle – c’est quand même pas de bol vous avouerez), appeler quelqu’un. N’importe qui. Pourvu que la conversation dure suffisamment longtemps pour qu’il ait la décence de laisser le son à un niveau acceptable. Et quand il vous propose de venir vous chercher tous les matins, refusez.
Le fatigué. Comique la première fois, inquiétant dès qu’on se rend compte qu’il ne fait pas semblant, le chauffeur fatigué s’endort à tous les feux rouges (et parfois même en ligne droite). Et quand les klaxons des autres automobilistes ne le réveillent pas, c’est à nous de lui toucher l’épaule en lui disant “Monsieur?”. Ce à quoi il répondra comme si c’était l’évidence même “Tired lah!” ce qui en singlish veut dire “Fatigué hein!”. Évidemment. On s’excuse.
Le kamikaze. La version dopée aux amphétamines du chauffeur de taxi, qui arrivera à finir en 10 minutes un trajet qui en prend normalement 30, grâce à sa technique secrète de slalom à grande vitesse entre les (nombreuses) autres voitures qui circulent. On ressort de là en se sentant comme une boule dans un flipper qui vient d’exploser son record, en étant tout de même heureux d’être encore en vie…
Le bavard. Celui qui décide de s’improviser guide touristique, dans un anglais singapourien (dans le meilleur des cas) ou chinois à peu près complètement incompréhensible, et qui ponctue ses phrases de “lah!” tous les deux mots. La technique consiste en général à répondre “yes” et à sourire, et ça se passe bien.
Celui qui dit juste non. Le trajet le plus court qui soit puisqu’on monte dans le taxi, indique la destination et se voit rembarré d’un “non, c’est trop loin”. Euh ok.
Le taxi digital. Espèce la plus répandue à Singapour, il dispose le plus souvent d’une boite automatique, et décide de la rentabiliser. Donc ”on”, il accélère. Puis ”off”, il pile (environ 20 mètres plus loin). Sur un trajet de 30 kilomètres ça fatigue.
Vous l’aurez compris, ma voiture me manque :p

2 commentaires:
J'adore te lire Marion!!! Très drôle ce post :)
effectivement très drôle devant son écran mais c'est pas ça qui va mettre armelle en confiance... Bisous
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